KEEP YOUR HANDS OFF TURKISH LAWYERS!

Since mid-September, these lawyers are detained in Ankara, Istanbul and Diyarbakır.

 

The number of lawyers prosecuted in Turkey is 1343 after this last wave of raids against lawyers. 524 of them have been arrested since the staged coup attempt in July 2016.

 

There are lawyers from France, Germany, the Netherlands, Catalonia, Belgium, Spain, Greece, Italy and Turkey who share the same democratic, modern and humane ideals in Europe.

 

We are convinced that our colleagues are only exposed to state repression because of their professional activities.

We will not stop until we know they are safe. We demand the release of the lawyers who have been imprisoned!

 

European Democratic Lawyers (AED-EDL)

 

LES ORIGINES

Chers confrères, chers amis,

Je me sens très honoré d’avoir été appelé à intervenir lors de cette célébration du 30e anniversaire de la fondation de l’AED. Cela signifie que mon intervention au moment de la célébration du 20e anniversaire, il y a dix ans à Paris, a été bien reçue, et cela me permet d’espérer que vous m’appellerai à nouveau, si je suis encore vivant, à participer, à l’occasion du 40e anniversaire de notre association.

La célébration des trente ans d’existence – qui est déjà un succès pour une organisation comme la nôtre – est sans aucun doute un moment opportun pour commencer à nous interroger sur l’origine de l’AED, le contexte social et politique dans lequel elle est née, et les convictions et les espoirs qui ont mené sa création. Bref, pour savoir d’où nous venons pour mieux comprendre où nous sommes et où nous voulons arriver collectivement. On m’a demandé que, en tant que témoin et acteur à la phase de la fondation de l’association, je partage avec vous quelques souvenirs que je retiens dans ma mémoire en ce moment de regarder en arrière.

Je ne suis pas en mesure et je n’ai pas le temps de faire un exposé global du processus long et complexe qui a abouti à la constitution formelle de l’AED en octobre 1987. Je me limiterai donc à certains épisodes que j’ai personnellement vécus et que je considère significatifs afin d’aider à comprendre ce processus et pour le situer dans la perspective des années passées.

Le premier épisode correspond à ce que nous pourrions appeler la préhistoire de l’AED. Je me remonte à dix avant la date que nous célébrons aujourd’hui. Au printemps 1977, j’ai reçu une invitation de la section toulousaine du Mouvement d’Action Judiciaire, une organisation française de juristes de gauche, pour participer à une conférence internationale d’avocats sur la répression politique au niveau européen. L’invitation m’a été faite verbalement par un ami jeune avocat, catalan de nationalité française, et a été entouré d’un secret d’air conspiratif qui m’a attiré. J’ai accepté, en élargissant l’invitation à certains collègues de Barcelone dont j’avais confiance absolue. Après quelques jours, j’ai reçu un rendez-vous par le même conduit: nous devions être à une date et à une heure précise dans un endroit indiqué en face de la gare de Toulouse, oú nous devions attendre jusqu’à ce qu’on vint nous chercher pour nous emmener vers un endroit non identifié, où la réunion devait se tenir. Comme prévu, nous avons été transportés dans une énorme maison de campagne, isolée au milieu des champs, dans un endroit nommé, comme j’ai su ensuite, Persin-Bas, aux alentours de Toulouse. On nous a fait savoir qu’autant de mesures de sécurité étaient justifiées par la présence lors de cette réunion de quelques collègues allemands qui avaient quitté leur pays clandestinement, fuyant la police qui les liait à des organisations armées d’extrême gauche. Dans cet immense manoir décadent et dans des conditions fort précaires, plus d’une centaine de personnes de différents pays ont passé deux jours et deux nuits, sans quitter la maison pour des raisons de sécurité, et constituées en assemblée permanente. La plus part étaient des français qui avaient déjà engagé une structure organisationnelle, le Syndicat des Avocats de France, un groupe nombreux de Belges, mais aussi des Hollandais, des Italiens et un bon nombre d’Allemands. Il y avait aussi quelques basques. Pour ce qui fait le groupe de cinq avocats venus de Barcelone, qui venaient de quitter une dictature oppressive et sans expérience internationale, cette atmosphère apparaissait fascinante.

Le thème central des débats a été la critique de la législation antiterroriste alors embryonnaire, mise en œuvre sous diverses modalités dans la plupart des démocraties européennes, et ses conséquences dans la sphère judiciaire et dans la pratique de la police, dans le contexte d’une période de confrontation sociale aiguë en Europe occidentale. De ces jours intenses d’information partagée, de discussions théoriques sans fin, de multiples propositions à l’égard du rôle des avocats de gauche face à la répression politique, les participants ont retenu quelques idées claires: la nécessité de s’organiser, à la fois au niveau national et européen, pour faire face en tant qu’ avocats à toutes les violations des droits fondamentaux et des libertés publiques, au nom d’une politique sécuritaire visant à contaminer tout droit pénal et procédural et à devenir un instrument pour le pouvoir, valable pour supprimer toute expression de divergence radicale avec le système. Il a été décidé de tenir une nouvelle réunion l’année suivante 1978, avec l’intention de commencer à structurer une organisation européenne d’avocats de gauche. La rencontre, à laquelle j’ai également assisté, a effectivement eu lieu à San Sebastian, au Pays Basque. La réunion a été un échec complet, provoqué par des dissensions politiques entre les organisateurs Basques eux-mêmes qui ont monopolisé les débats, et là l’initiative a échoué. Le résultat pratique de ces expériences, cependant, a été la mise en place d’un réseau de relations personnelles entre avocats de pays et cultures juridiques différents; relations qui, en grande partie, sont devenues permanentes, et qui ont contribué à maintenir en vie l’idée d’une association européenne. Quelques années se sont écroulées jusqu’à ce que, au sein du SAF, l’impulsion a surgit de reprendre cette initiative, et il est juste que moi aussi, comme l’a fait notre présidente, rende hommage à qui fut le premier président de l’AED, Gérard Boulanger. Je suis le témoin de son activité débordante, en profitant ce vieux réseau de contacts et de relations tout au long du processus de création de l’association actuelle.

Il m’a parût intéressant d’expliquer les origines lointaines de l’AED pour mettre en évidence le fil de la continuité entre ces antécédents et les axes centraux de l’activité AED tout au long de son histoire: la défense continuée des droits fondamentaux de l’homme et des libertés démocratiques; la défense des droits de la défense et les garanties du libre exercice de notre profession; la solidarité avec nos collègues au monde entier lorsqu’ils sont réprimés précisément pour défendre la justice.

L’autre épisode dont je veux me souvenir a eu lieu dans une atmosphère très différente. C’est le moment, il y a trente ans, où j’ai signé en tant que président de l’Association Catalane pour la défense des droits de l’homme, l’acte de constitution de l’AED, dans la cadre solennel du Parlement européen à Strasbourg et dans une salle entièrement équipée de la dernière technologie, mise à notre disposition grâce au groupe parlementaire socialiste. Le contraste avec les conditions précaires de la réunion à demi clandestine à Persin-Bas m’a fait réfléchir. Il est vrai que, au cours du procès de constitution de l’AED, nous tous avions accepté de bon gré que l’association que nous étions en train de créer ne pouvait pas se réduire à un groupe militant d’avocats gauchistes centrés exclusivement en la lutte antirépressive. L’AED est née dans un contexte social et politique européen très différent de celui qui existait dix ans auparavant. L’Europe occidentale était en train de consolider ses institutions communautaires et de bâtir une nouvelle architecture juridique avec l’apparition d’un pouvoir législatif et des instances judiciaires européennes, qui étaient destinés à l’emporter sur les instances nationales. La construction de l’Union européenne était en train de provoquer des changements spectaculaires dans la politique, l’économie et la société des États membres, qui touchaient de plein l’exercice professionnel des avocats. Dans ce scénario de profondes transformations nombre des fondateurs de l’AED voyaient une opportunité pour une association comme la nôtre. Toujours optimistes, ils croyaient en la possibilité de construire une Europe unie comme espace de liberté et de démocratie, entre deux impérialismes existant alors, américain et soviétique, et dans le cadre d’un capitalisme alors relativement pacifique, dans une phase de croissance économique et avec peu de conflits sociaux. Il fallait donc profiter de ce moment historique favorable pour intervenir en défense de notre patrimoine idéologique, ce qui impliquait de donner la priorité à la présence de l’AED dans les institutions et les centres de pouvoir où se discutaient et décidaient les changements qui nous touchaient, au niveau national et européen.

D’autres, comme moi, ne partageaient pas cette vision idyllique de la construction de l’Europe et étaient plutôt sceptiques à propos de la possibilité d’exercer quelque influence dans un sens progressiste dans le cadre des institutions. Nous n’avons pas refusé d’explorer cette option, mais nous avons continué à penser qu’il était prioritaire de préserver l’indépendance de notre association en tant qu’instrument de critique et, si nécessaire, de confrontation ouverte avec les institutions dans la lutte pour une société plus libre et plus juste. Nous avons également vu avec préoccupation le danger que représentait le péage d’être instrumentalisés par quelque option politique de parti, que nous devrions payer pour être admis dans les institutions européennes,. Cette inquiétude est devenue alarme lorsque, lors d’un colloque organisé par l’AED à Maastricht en novembre 1988 sur l’aide légale, une association d’avocats de Madrid sous l’acronyme d’ADADE, dirigée par un frère du Ministre de la Justice du Gouvernement socialiste espagnol, est venue avec l’intention de s’intégrer dans l’AED. Dans sa présentation au Bureau de l’association qui devait les admettre, ils ont exprimé avec autorité et maladroitement leur prétention de convertir l’AED en une organisation sous la tutelle du groupe socialiste du Parlement européen. Face à la froideur manifeste avec la quelle a été reçue cette proposition, ADADE a désisté d’adhérer l’AED.

Dans mon discours, que je termine, j’ai attiré votre attention sur deux moments importants du processus de construction de l’AED. Au moyen de la métaphore de la confrontation entre deux scénarios aussi variés qu’une ferme dans des conditions précaires et une salle hautement technicisée du Parlement européen, j’ai voulu signaler que, dès ses origines, l’AED a été un point de rencontre et du confrontation entre deux âmes, qui, en partageant les mêmes convictions démocratiques, ont coexisté dans le même cadre organisationnel, avec des moments de tension et des équilibres instables. Mais la réalité, comme toujours, a fini par imposer sa loi. Il a rapidement été évident pour tous que la construction européenne se déplaçait de dans un sens parfaitement opposé à nos objectifs en tant qu’association, et que notre vrai lieu devait être à côté des mouvements sociaux et politiques qui luttent pour la démocratisation de l’Union européenne, l’élargissement des droits de la défense, l’extension de l’accès au droit de tous les citoyens sans discrimination et la défense radicale des droits de l’homme et des libertés fondamentales contre l’abus du pouvoir, avec indépendance de tout pouvoir, comme le disent nos Statuts dans son article 2.

L’excellent discours de notre présidente, que nous venons d’écouter, est la preuve évidente que l’engagement de l’AED avec ses objectifs fondateurs reste intact, en ce moment de crise extrême des valeurs démocratiques, de retrait des libertés et de militarisation de la société, qui touche l’Europe et le monde entier. Merci beaucoup, Madame la Présidente, pour votre discours, et pour vous tous de m’avoir écouté.

August Gil Matamala, ancien président de l’AED (2004-2007)

Berlin, 16 septembre 2017.

FREE OUR 14 COLLEAGUES

On the 21st of September, the AED-EDL will be demonstrating in front of the embassies in different European countries for the liberation of our 16 lawyer colleagues who are in detention since the 12th of September 2017.

The news arriving from Turkey are very worrying.

For the time being this is a list of the demonstrations:

12h00 PARIS

13h30 MADRID & BRUSSELS

14h00 BERLIN

16h00 DEN HAAG

Come and join us

Download our Press statement

Free our 16 colleagues

Free our 14 colleagues, members of ÇHD (Progressive Lawyers Association), arrested in Turkey:

 

 

Barkın Timtik

Ebru Timtik

Süleyman Gökten

Ezgi Çakır

Ahmet Mandacı

Yağmur Ereren

Aytaç Ünsal

Didem Baydar Ünsal

Ayşegül Çağatay

Engin Gökoğlu

Behiç Aşçı

Aycan Çiçek

Şükriye Erden

Özgür Yılmaz

Zehra Özdemir

Naciye Demir

 

We have been informed that our 14 of our colleagues have been sent to jail  in Ankara, Istanbul and Diyarbakır. We are very worried about the situation of the lawyers Barkin Timtik, Engin Gökoglu and Ozgur Yılmaz.

16 members of ÇHD were arrested on the 12th of September in Ankara, İstanbul, İzmir, Ordu and Diyarbakır. We have been informed that our colleagues have been tortured. Our colleague, Engin Gökoğlu, who has been on hunger strike for 28 days, has been sent to the hospital after he severely beaten by police officers

 

The president of ÇHD Selçuk and Betül Kozağaçlı have not been arrested but we have been informed that their practice of lawyering has been limited and their phones and computers seized.

 

As we have been informed, with this last wave of crackdowns against lawyers, the number of lawyers under criminal prosecution in Turkey is now 1343. 524 of them have been arrested since the coup attempt in July 2016.

 

We urge the Turkish government to ensure that the 16 lawyers mentioned above are immediately released because we believe that they were taken into custody solely because of their professional activity as lawyers.

 

We demand to take all necessary measures to guarantee the physical and psychological integrity of lawyers in Turkey as well as their ability to perform their professional duties without fear of reprisal, hindrance, intimidation or harassment.

 

We express our concern over the situation in Turkey where the regime of President Erdogan harasses lawyers and pursues them by the tribunals, used as a weapon for repression. The lawyers seem to be purged because of the exercise of their duties as Lawyers defenders.

 

The AED finally wants to express its concern over the situation of human rights defenders in Turkey and emphasises the due respect for human rights and the rule of law. We are very concerned with situation of the persecuted lawyers.

 

Paris, Amsterdam, Barcelona, 13th of September 2017.

30 years of Activism

The association European Democratic Lawyers, AED-EDL is celebrating 30 years of work in defence of the rights of citizens. This federation of European lawyers has aimed at preserving the independence of lawyers with regard to any power, be it political, social, economic or ordinal.

Much has changed since 1987:Back then, the European Union seemed to be able to provide a common space, characterized by the creation of a democratic, modern and human European law. Thirty years later, we meet to discuss the changes in Europe, the strategies to defend fundamental rights and the solidarity with our colleagues all over the world.

30yearsACTIVISMFINAL-B

We hope to see you in Berlin!

Download our invitation in English: Berlin – 30years or in French: Berlin -30 ans

 

Wenn Anwaelten die Verteidigung ihrer Mandanten zum Vorwurf gemacht wird

23. Juni 2017, 12:57
Antiterrorverfahren betreffen in
der Türkei auch Verteidiger. Über die Bedeutung internationaler Prozessbeobachtung vor und nach dem Putschversuch 2016

Nach dem Putschversuch im Juli 2016 wurde in der Türkei der Ausnahmezustand ausgerufen. Zehntausende Beamte, darunter Richter und Staatsanwälte, wurden entlassen. Zwischen 80.000 und 90.000 Menschen wurden festgenommen. Die Haftbedingungen verletzen internationale Standards. In der Folge wurden auch die in der Türkei begangenen Menschenrechtsverletzungen gegen Rechtsanwälte international thematisiert. In der Türkei selbst ist das Thema jedoch nicht neu.

Die Unzulänglichkeiten der Justiz, die Antiterrorgesetze, die Situation türkischer Rechtsanwälte und die damit einhergehenden Einschränkungen der Verteidigungsrechte stellen seit jeher Probleme dar. Auch vor dem Putschversuch waren türkische Rechtsanwälte bereits das Ziel staatlicher Repression.

Staatliche Repression gegen Anwälte

Die erste großangelegte Polizeioperation der AKP-Regierung gegen Anwälte richtete sich im Jahr 2011 gegen die Verteidiger des PKK-Vorsitzenden Abdullah Öcalan. 45 kurdische Rechtsanwälte wurden festgenommen und der Mitgliedschaft in der PKK beschuldigt. Die seitens der Staatsanwaltschaft vorgelegten Beweise betreffen einzig die Haftbesuche der Verteidiger bei deren Mandanten Öcalan auf der Gefängnisinsel İmralı. Der Prozess wurde unter der Bezeichnung KCK-Verfahren bekannt.

Im Jänner 2013 kam es zu einer Operation gegen die Anwaltsvereinigung ÇHD (Çağdaş Hukukçular Derneği, deutsch: Progressive Anwaltsvereinigung). Diese besteht – mit einer Unterbrechung während der Militärdiktatur der 1980er Jahre – seit 1974. Ihre mehr als 2.000 Mitglieder sind türkeiweit organisiert. Bekannt wurde die Vereinigung für ihren Einsatz gegen staatliche Repression und ihren Fokus auf die Verteidigung der Grundrechte. Die Durchsuchung der ÇHD-Büros in Ankara und Istanbul erfolgte ohne gerichtliche Genehmigungen. Akten und Korrespondenz mit Mandanten wurden beschlagnahmt, neun Vorstandsmitglieder in Untersuchungshaft genommen, darunter der Vorsitzende der ÇHD, Selçuk Kozağacli. Ihre Haft dauerte zwischen neun und 14 Monaten an.

Zwei Verfahren – viele Gemeinsamkeiten

Das KCK-Verfahren und das ÇHD-Verfahren weisen viele Gemeinsamkeiten auf. Beide sind immer noch in erster Instanz anhängig. In beiden Fällen lautet die Anklage auf “Mitgliedschaft in einer terroristischen Organisation” beziehungsweise auf “Terrorpropaganda”. Die Anklagen beschreiben ausschließlich Tätigkeiten, die international als rechtsanwaltliche Berufsausübung angesehen werden.

Auch ist beiden Fällen gemein, dass sich jene Staatsanwälte, welche die Operationen angeordnet hatten, und jene Polizeibeamten, welche die Razzien geleitet hatten, nun unter dem Vorwurf der Mitgliedschaft in der Terrororganisation FETÖ (Fethullahçı Terör Örgütü, deutsch: Fethullah-Gülen-Terror-Organisation) und der Beweismittelfälschung in Untersuchungshaft befinden.

Vorwurf: Engagierte Verteidigung

Eine Analyse der Anklage im ÇHD-Verfahren zeigt, dass den 22 angeklagten Anwälten im Grunde die engagierte Verteidigung ihrer Mandanten zum Vorwurf gemacht wird. So bezieht sich die Staatsanwaltschaft auf eine statistische Auswertung, wonach etwa die Hälfte aller Festgenommenen gegenüber der Polizei die Aussage verweigere, während die andere Hälfte der Festgenommenen eine Aussage mache. Demgegenüber verweigerten beinahe alle der Mitgliedschaft in der linksgerichteten DHKP/C verdächtigten Festgenommenen, welche durch ÇHD-Anwälte verteidigt würden, bei polizeilichen Vernehmungen die Aussage. Die Anklage zieht daraus den Schluss, dass die ÇHD-Anwälte Befehle der DHKP/C an die Festgenommenen weitergäben und daher Teil der Organisation seien.

Tatsächlich raten ÇHD-Anwälte ihren festgenommenen Mandanten regelmäßig zur Aussageverweigerung, wie dies Verteidiger weltweit tun. Dass dies als Beweis für die Mitgliedschaft in einer Terrororganisation gewertet wird, ist allerdings ein Spezifikum der Türkei. Andere “Beweise” betreffen die Teilnahme von ÇHD-Anwälten an den Beerdigungen ihrer des Terrorismus verdächtigten Mandanten. Zuletzt stützt sich die Anklage auf anonyme Zeugen, wobei diese bisher im Verfahren nicht in Erscheinung getreten sind und eine Überprüfung ihrer Existenz und ihrer angeblichen Aussagen nach dem angewandten Verfahrensrecht unmöglich ist.

Gängige Praxis

Laut Staatsanwaltschaft war der Razzia eine zwei Jahre andauernde verdeckte Ermittlung vorangegangen, in deren Rahmen die Kanzleien, E-Mails und Telefonate der Rechtsanwälte mit ihren Mandanten überwacht worden waren.

Die beschriebenen Vorgänge fanden noch vor der Ausrufung des Ausnahmezustandes statt und können als gängige Praxis der türkischen Behörden im Rahmen der Antiterrorgesetze angesehen werden, welche sowohl gegen türkisches, als auch gegen internationales Recht verstößt. Umso dramatischer ist die Situation nun, nach der drastischen Einschränkung des – zuvor theoretisch bestehenden – Rechtsschutzes der Betroffenen. Aktuell kann von einem fairen Verfahren keine Rede mehr sein.

Historische Anhörung

Der Prozessauftakt im ÇHD-Verfahren fand am 24. Dezember 2013 statt, neun Monate nach den Durchsuchungen der Kanzleien und der Festnahme der Angeklagten. Das damals zuständige Sondergericht war am Stadtrand von Istanbul in einem Hochsicherheitsgefängniskomplex angesiedelt, was den Zugang der Öffentlichkeit und der Angehörigen erschwerte.

Die erste Anhörung dauerte drei Tage und war insofern von historischer Bedeutung, als die 22 angeklagten Anwälte, von welchen sich neun noch immer in Haft befanden, von mehr als 700 türkischen und kurdischen Verteidigern vertreten wurden. Repräsentanten zahlreicher Anwaltskammern waren angereist, um Solidarität mit den Angeklagten zu demonstrieren und das Recht auf effektive Verteidigung geltend zu machen. 50 Rechtsanwälte aus Belgien, Deutschland, Frankreich, dem Vereinigten Königreich, der Schweiz, Italien, den Niederlanden und Österreich verfolgten als Prozessbeobachter mithilfe von Simultandolmetschern den Vortrag der Anklage und die Plädoyers der Angeklagten und ihrer Verteidiger. Ihre Namen wurden zu Protokoll gegeben, um zu verdeutlichen, dass das Verfahren international wahrgenommen wurde.

Delegationen regelmäßig in Istanbul

Seither reisen regelmäßig Delegationen zur weiteren Beobachtung des ÇHD-Verfahrens nach Istanbul. Das anfangs zuständige Sondergericht wurde inzwischen per Gesetz aufgelöst, der Prozess wird vor dem Schweren Strafgericht Istanbul Cağlayan fortgesetzt, wobei auch hier der Vorsitzende bereits einmal ausgetauscht wurde. Die Anträge der Verteidigung, das Verfahren von Beginn an neu durchzuführen, um dem Unmittelbarkeitsprinzip Rechnung zu tragen, wurden abgewiesen. Zwar befinden sich die angeklagten ÇHD-Anwälte nicht mehr in Haft. Eines der neuen Notstandsdekrete erlaubt es aber, sie aufgrund ihrer Eigenschaft als Angeklagte nach dem Terrorgesetz von der Verteidigung in anderen Verfahren nach diesem Gesetz auszuschließen.

Kritiker werden mundtot gemacht

Seit dem Putschversuch am 15. Juli 2016 kam es zu zahlreichen weiteren Festnahmen von Anwälten. Offiziell greift die Regierung hart gegen Putschisten und Terrorismus durch. Tatsächlich scheint sich die Repression eher gegen die Verteidiger kurdischer Politiker und Aktivisten zu richten, ebenso wie gegen die Vertreter von Journalisten, Gewerkschaften und Regierungskritikern. Die Notstandsgesetze sehen eine richterliche Entscheidung erst 30 Tage nach der Festnahme vor, ein Recht auf ein Gespräch mit einem Rechtsanwalt/einer Rechtsanwältin besteht erst nach fünf Tagen, wobei selbst dies nur unter Überwachung möglich ist. Die Festgenommenen sind dadurch Folter und Polizeiwillkür schutzlos ausgeliefert, ein faires Verfahren wird unmöglich.

Das Recht auf ein faires Verfahren ist eines der bedeutungsvollsten Grundrechte; ohne faires Verfahren bleibt die Geltendmachung anderer Grundrechte bloße Theorie. Autoritäre Regierungen streben danach, Kritiker im eigenen Land mundtot zu machen, und versuchen, die internationale öffentliche Meinung zu beeinflussen, um Kritik zu vermeiden und ihren Machtmissbrauch ungestört fortsetzen zu können.

Hohe Bedeutung der Prozessbeobachtung

Der Prozessbeobachtung kommt daher hohe Bedeutung zu. Sie dient der Verteidigung des Rechtsstaates und dem Schutz jener Menschenrechtsverteidiger, die wegen ihres Einsatzes in Gefahr geraten. Mediale Berichterstattung über Gerichtsverfahren ist unverzichtbar, doch Prozessbeobachter können sich selbst ein unmittelbareres Bild von den Fakten machen, ohne auf die Objektivität der Journalisten vertrauen zu müssen (die oft selbst unter Druck stehen).

In der Türkei hat Prozessbeobachtung Tradition. Während der 1990er reisten bereits regelmäßig Journalisten, Politiker und einzelne Rechtsanwälte in die Türkei, um insbesondere Strafverfahren gegen kurdische Politiker und Journalisten beizuwohnen. Anlässlich der Strafverfahren gegen Anwälte wurde diese Tradition fortgesetzt, erfuhr aber eine neue Dimension, da es sich nun um die koordinierte Zusammenarbeit zwischen Menschenrechtsanwälten aus verschiedenen Ländern handelt.

Druck ausüben ist nicht das Ziel

Es ist nicht die Aufgabe der Prozessbeobachter, Druck auf die Gerichte auszuüben oder subjektive Meinungen über ein Verfahren zu veröffentlichen. Ungeachtet der politischen Ansichten der einzelnen Mitglieder der Delegationen bleibt ihre Rolle darauf beschränkt, über die Wahrnehmungen im Gerichtssaal zu berichten, was die Argumente und vorgelegten Beweismittel sowohl der Anklage als auch der Verteidigung betrifft.

Viele Beobachter verfolgten das ÇHD-Verfahren während der letzten drei Jahre. Während dieser Zeit zogen internationale Institutionen und Medien Berichte der Delegationen über die Verhandlungen als Grundlage für die Analyse der Frage heran, ob es sich um ein faires Verfahren handelt.

Fakten ans Licht bringen

Auch auf jene, die sich in der Türkei weiterhin der Durchsetzung von Grundrechten widmen, hat internationale Prozessbeobachtung eine Auswirkung: Wer befürchten muss, festgenommen oder mundtot gemacht zu werden, kann darauf hoffen, dass Beobachter über die Fakten berichten werden.

Wer davon ausgeht, dass die Fakten für sich sprechen, der kann kein Problem mit neutraler Beobachtung und Berichterstattung haben. Dies gilt sowohl für Menschenrechtsverteidiger, als auch für die Regierung. Erdoğans Aussagen anlässlich des Prozesses gegen Cumhuriyet-Chefredakteur Can Dündar stehen dazu in krassem Gegensatz: Er stellte die Legitimität der Prozessbeobachtung in Frage und unterstellte den angereisten Beobachtern pauschal, gegen die Interessen der Türkei zu arbeiten. Dass ein Staatschef derart wenig Respekt für die Grundsätze eines fairen Verfahrens zeigt, mutet befremdlich an. Gleichzeitig belegen diese Aussagen die Bedeutung und Notwendigkeit der Prozessbeobachtung.

Die Erfahrung zeigt, dass Prozessbeobachtung ein wirksames Mittel zum Schutz kritischer Journalisten und Anwälte sein kann. Unter den Notstandsgesetzen mag dies schwieriger werden. Doch die Bedeutung der Arbeit türkischer Menschenrechtsverteidiger geht über die Türkei hinaus und sie bedürfen des Schutzes, den internationale Beobachtung bedeutet, heute mehr denn je. Um zu verhindern, dass sie unsichtbar gemacht werden, und um die Fakten ans Licht zu bringen. (Şerife Ceren Uysal, Clemens Lahner, 23.6.2017)

Şerife Ceren Uysal ist Rechtsanwältin in Istanbul und als Vorstandsmitglied der Progressiven Anwaltsvereinigung ÇHD zuständig für die Koordinierung internationaler Beobachter-Delegationen. Derzeit forscht sie am Ludwig Boltzmann Institut für Menschenrechte in Wien.

Clemens Lahner ist Rechtsanwalt in Wien. Als Prozessbeobachter der Rechtsanwaltskammer Wien und Mitglied des europäischen Anwaltsverbandes European Lawyers for Democracy and World Human Rights (ELDH) verfolgt er das ÇHD-Verfahren seit dessen Beginn, teilweise auch das KCK-Verfahren.

Der Artikel erschien ursprünglich in der Ausgabe 1/2017 des “Juridikum – Zeitschrift für Kritik, Recht, Gesellschaft”.

Day of the Endangered Lawyer

7th Day Of the Endangered Lawyer with the focus on the persecuted and harassed Chinese lawyers on the 24th of January 2017 in appr. 30 cities*

 

 

Every January 24th lawyers around the world support endangered lawyers in other countries by holding protests in front of the Embassies and Consulates of a designated country, holding meetings, press conferences and other activities. This time the designated country will be China, which unleashed a massive crackdown against lawyers in July 2015.

Before these mass arrests, many lawyers were in the previous years already harassed or arrested because of taking up cases with Human Rights implications.

On this Day Of The Endangered Lawyer in as many cities is possible a centralized petition will be handed over at the same time to Ambassadors, Consuls and other official legal institutions.

In this petition we ask the attention of the Chinese government for the problematic situation of the endangered Chinese lawyers. We will also put pressure on the Chinese Government to take care that the situation of the lawyers will be ameliorated as soon as possible. And that the persecution and harassment of these lawyers will be stopped.

The aim of the Day is to try to get a dialogue with the Ambassadors or other representatives of thePeoples Republic of China.

In other cities there will be organized press conferences, colloquia and other manifestations about this subject.

JCCP treaty and Havana Principles of the UN

China has signed but not ratified beside other International Treaties the following Treaty:
● International Covenant on Civil and Political Rights (signed in 1998)

China has also supported the un-Basic Principles on the Role of Lawyers adopted by the 8th United Nations Congress on the Prevention of Crime and the Treatment of Offenders in Havana, Cuba, in 1990, which inter alia, obliges the supporting States to protect lawyers who are harassed and persecuted or even severe.

 

 

The CHD has been banned in Turkey

Here is the Press statement of our German colleagues from the RAV:

 

On the 11th of November 2016, the Turkish Ministry of Interior, in the context of the state of emergency, has banned 370 organizations and associations in Turkey. It has further set, inter alia, a three-month ban on the freedom of the advocacy for lawyers: the ÇHD (Çağdaş Hukukçular Derneği), the lawyers ‘association ÖHD (Özgürlükçü Hukukçular Derneği) and the Mesopotamian lawyers’ association MHD (Mezopotamya Hukukçular Derneği). Their business premises were sealed. In addition, several lawyers were arrested under massive use of force. The government relies on Article 11 of the Exemption Act and justifies the ban with its responsibility for national security.

 

The opposite is the case:

In fact, ÇHD, ÖHD, and MHD are legal associations that have been advocating the enforcement of human and civil rights in Turkey for decades. ÇHD and ÖHD are members of the ‘European Association of Lawyers for Democracy and Human Rights in the World’ (EJDM / ELDH1). The ÇHD is also, as the RAV, a member of the umbrella organization of European democratic lawyers (EDA / AED). In 2014, the ÇHD was awarded the Kant-Weltbürger-Preis by the Freiburger Kant-Stiftung and the VDJ the Hans-Litten-Prize4 for its commitment to human rights and democracy. They support the rights of minorities, the fight against torture and human rights violations in Turkey, not least through successful complaints to the European Court of Human Rights.

 

With these unlawful attacks on ÇHD, ÖHD and MHD, the Turkish government violates the fundamental right of freedom of association and the basic principles of free advocacy, as they were adopted by the United Nations in 1990 as “Basic Principles on the Role of Lawyers”. If lawyers cannot act for the interests of their clients for fear of persecution, there can be no question of the existence of a legal state.

Erdoğan is set to destroy what is left of oppositional civil society in Turkey.

 

 

We strongly condemn these unlawful attacks on our colleagues and demand the immediate release of all imprisoned lawyers and the immediate termination of the state of emergency and the ensuing repression.

 

With the imposition of the state of emergency, following the coup attempt on 15 July 2016, the Turkish government has systematically abolished the rule of law and democracy. With the dismissal of thousands of judges, state officials, teachers and academics, the closure of free media and the arrest of thousands of people, including parliamentary deputies, with the pretext of combating terrorism, Erdoğan’s is making it very clear: It is not about securing, but about abolishing democracy.

 

This can be illustrated by some of the changes, obtained by governmental decrees, with regard to the rights of the defence, after the imposition of the state of exception:

– Accused can be held for up to 5 days in incommunicado detention, thus without right to contact a lawyer

– The accused can be held in custody for 30 days without having to be prosecuted

– Visits of the defenders to their detained clients may be prohibited for a period of up to 6 months

– All discussions between imprisoned accused and their defenders are to be filmed and monitored by the prison staff

– All defence documents can be confiscated, even without judicial decision

– Defenders can be searched in detention during visits of their clients, even physically.

– Law firms can be searched without a search warrant and the documents of the client seized

 

There, where the population is intimidated and silenced by mass-dismissals, prosecution, detention, torture and deprivation of rights, there is no basis for any democracy. There, where lawyers are not allowed to do their work, the state of law is something from the past.

 

The Federal Government cannot close its eyes before this development.

Our solidarity is open to all those who advocate democracy, human rights and freedom in Turkey.

On Migration

The Bureau of the association of European Democratic Lawyers (AED-EDL), meeting in Athens on May 7th, 2016, in view of the flagrant violation of fundamental rights by member states of the EU as well as by the Greek state and of the constant influx of people in need of International Protection, has decided to release the following statement:

 

  1. The closure of EU borders, which encourages all types of mafia and forces people to risk their lives to reach Europe, is absolutely contrary to the fundamental principles recognized in the Declaration of Human Rights and Right to Asylum and the Geneva Convention signed by all member states. Similarly, the closure of European Borders is contrary to European norms.
  1. The absence of a humanitarian corridor to enable the safe passage of those forced into migration as well as the absence of application of legal remedies to this situation demonstrates absolute disregard for human life and respect of international law.
  1. The lack of foresight and the foot-dragging in the implementation of the Schengen visa norms means that thousands of people must entrust their destinies to the mafia while risking their lives and integrity to access the European territory. Meanwhile current regulations already exist to ensure access to the protection of asylum.
  1. The stasis of the EU institutions and the passivity of Member states are unsustainable. They constitute a direct attack to the founding principles of European solidarity and mutual support amongst Member States.
  1. The declaration of Turkey as the first safe country for asylum means the bankruptcy of the right to asylum. The asylum procedure in Greece is currently inexistent; people are kept in detention while their request is pending. They are deprived of their liberty while in most cases their application cannot be filed. And if applications are submitted, they are systematically denied on the grounds that Turkey is considered a safe haven. Expulsions are being made without the slightest guarantee: legal counselling, interpreters, a suspensive procedure ensuring the thorough study of the case, without any guarantees that Turkey will not push them back …
  1. The European Agenda for Migration created by the Commission in May 2015, continues to focus on policies of expulsion, detention and criminalization of displaced people. The common European system is still based on the application of the Dublin III Regulation, and is currently in the process of further modification. This set of mechanisms of European policy has already shown its ineffectiveness.
  1. As an association of European lawyers’ associations, involved in defending the rights of all people and thus in the same way of forced migrants who reach the external borders of the EU, we demand:
  • The scrupulous respect for the right of asylum enshrined in international law.

  • The opening of safe transit routes for people fleeing.

  • Unlocking the granting of visas for humanitarian reasons and as well as diplomatic asylum.

  • The revocation of the EU-Turkey agreement, which is expulsing displaced people outside European borders to a State that does not fully respect human rights.

  • The formulation of a European immigration policy on the basis of integration, the recognition of the right to migration and the gradual European integration hubs, recognition of the right to migrate and gradual equal rights and duties with other EU citizens.

 

Athens, May 7, 2016